Pater familias
3 avril 2009 - 8 commentaires
Ces jours-ci je (re)potasse un peu la sociologie de la famille, et un des points que je trouve le plus impressionnant est l’évolution de l’autorité au sein des familles.
Pour vous donner un ordre d’idée, voici (cf & cf) la description du « Pater familias » ou « autorité paternel » à l’époque romaine :
Le pouvoir détenu par le pater familias était appelé patria potestas, « pouvoir paternel ». La loi des Douze Tables donnait au pater familias le vitae necisque potestas ; le « pouvoir de vie et de mort » sur ses enfants, sa femme, et ses esclaves, qui étaient dits sub manu, « sous sa main ». Si un enfant n’était pas désiré, sous la République romaine, le pater familias avait le pouvoir d’ordonner qu’il soit mis à mort.
Il avait le pouvoir de vendre ses enfants en tant qu’esclaves. Le pater familias possédait le pouvoir d’accepter ou de refuser les mariages de ses fils et filles.
Seul un citoyen romain pouvait avoir le statut de pater familias. Il pouvait de même n’y avoir qu’une seule personne dans la maisonnée à ce poste. Même les enfants masculins adultes restaient sous l’autorité de leur père, et ne pouvaient accéder aux droits d’un pater familias tant que ce dernier était encore vivant.
Les femmes aussi étaient sous la domination du pater familias. Elles étaient sub manu durant toutes leur vie sauf après le mariage dans ce cas elles étaient sous la main de leur mari.
À travers le temps, l’autorité absolue du pater familias s’évanouit peu à peu, et les droits qui existaient en théorie ne furent plus respectés ni appliqués.
Il semble que ce concept soit une lointaine origine du paternalisme.
Vous vous dites que tout cela est très lointain ? et bien pas tant que ça:
En France, jusqu’en 1965 (cf), les femmes mariées devaient demander l’autorisation de leur mari pour travailler ou ouvrir un compte en banque…

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Discussion:
à part le droit de mise à mort (ouf!) il me semble hélas que le pouvoir du mâle dominant reste très répandu dans le monde.
Mais on est là pour changer tout ça!
Et en 2009 la femme ne demande même plus l’autorisation de son mari pour aller dépenser tous ses sous
C’est toujours intéressant de voir d’où nous viennent certains héritages.
La sociologie est un domaine passionnant, comme tant d’autres.
Pierre
Ah le bon vieux temps…;o)……………..
allez je rigole!
Je n’ose même pas imaginer le nombre de vannes que l’on doit pouvoir faire avec ce billet…
Je ne sais pas si je ne vais pas forwarder le lien à une groupe Facebook genre : « La bière ne rend pas inactif » ou « Fan Club de Renault Fuego », juste histoire de voir si les avis divergent
Je crois que j’aurais bien vécu à l’époque romaine. A condition d’être justement pater familias. ;P
O temporas, o mores!
Quoique les sondages demandent toujours « profession du chef de famille »… Et qui c’est-y donc le « chef de famille » hmmm ??? Quand je leur demande c’est bizarre, il n’y a pas de définition claire et nette (n’osent pas dire « le mari » eh eh) alors je les pousse dans leurs retranchements : qui est le chef de famille ? Celui qui gagne le plus ? ou quoi ???
Intéressant ! Mais j’ai quand même peur que le problème ne soit pas que « masculin » mais plus globalement « humain ».

Je m’explique: le mâle dominant n’est qu’une convention culturelle, cela change à travers le temps (même si c’est lent) et surtout en fonction des régions voire des … tipis…
Ce qui reste beaucoup plus persistant par contre, c’est le besoin de contrôle, de pouvoir sur autrui … et ce n’est pas le « plus pire » des choix que de choisir celui qui a la plus longue (soit globalement 50% de satisfait – et donc plus qu’à une élection dite au suffrage universelle), d’autres ont préféré les blonds aux yeux bleus ou d’autre encore les amis de je ne sais quel monarque ou président …
Ne me faites pas dire que je trouve ça bien non plus !! c’est arbitraire et donc totalement injuste (surtout pour celles qui n’ont pas « la plus longue ») !
Vivement qu’on ait une noster familias 2.0