Like a no more gas monday

18 août 2008 - 20 commentaires

Un bon moyen pour ne pas penser au boulot (qui s’accumule) pendant les vacances c’est de lire. Et histoire de vraiment penser à autre chose, pourquoi pas un peu de géopolitique ?

C’est ce que j’ai fait la semaine dernière en dévorant « La face cachée du pétrole » d’Eric Laurent.
Le livre est dense, chaque info est documentée et l’on comprend beaucoup mieux le monde dans lequel nous vivons.

Je ressort de cette lecture avec une fois de plus le sentiment que nous sommes à l’aube de changements majeurs dans notre mode de vie: imaginez la fin du pétrole abondant et l’explosion de la consommation liée au réchauffement climatique…

Je pense sincèrement que la probabilité que nous ayons à faire face à une « guerre mondiale énergétique » est de plus en plus grande (La guerre en Irak ressemble beaucoup à une préface)

Imaginez 2 minutes un monde dont la demande en pétrole dépasse largement la capacité d’extraction. Comment serait notre vie quotidienne ? Le réveil risque d’être dur et le manque sévère.

Est-ce qu’on peut s’y préparer ? et si oui comment ?

J’espère que ma prise de tête ne vous empêchera pas de passer une bonne semaine.
2ème et dernière semaine de vacances pour moi, pendant ce temps là Thomas veille au grain :)

Discussion:

  • C’est peut être le moment de revoir les madmax !

  • Guillaume dit :

    Peut être qu’on va finir par trouver une alternative au pétrole.
    Je crois plus à des conflits pour l’eau que pour le Pétrole…

  • Julien dit :

    Si tu veux continuer dans ce type de lecture, je te conseille l’excellent « L’humanité disparaîtra, bon débarras » de Yves Pacquelet

  • David dit :

    Vous voulez vraiment nous mettre le bourdon ce matin ou quoi ?

  • mrboo dit :

    Ce qui pourrait être intéressant c’est de regarder du coté des « solutions de fortune » que l’on peut être amené à mettre en place dans les années qui viennent.
    Il faut une éolienne de quelle dimensions pour subvenir aux besoin d’une famille française ?

    Quelques chiffres sur le pétrole:
    un européen consomme 17 barils de pétrole par an (1 baril = env 160 L)
    un américain 25 barils par an
    un chinois 1,5 baril par an

    chaque jour on consomme environ 85 millions de barils de pétrole et l’Arabie Saoudite est infoutu d’augmenter (voir de maintenir) la cadence…

  • Julien dit :

    @mrboo La solution ne réside pas dans le fait de trouver encore plus de pétrole mais bien dans les énergies alternatives tel que l’énergie solaire qui me semble être une réelle alternative. Contrairement aux éoliennes qui polluent le paysage et qui ne génère finalement que très peu d’électricité.

    Au niveau économique, je pense que les panneaux solaires vont devenir une réelle aubaine dans les années à venir car en remplaçant simplement une partie du toit de votre maison, vous pouvez subvenir à tous vos besoins en énergie durant l’année et peut être même revendre cette énergie à EDF.

    D’ailleurs je ne comprends toujours pas pourquoi en France, on s’évertue à penser qu’une 10aine de centrales nucléaires reste l’unique moyen de faire un acte écologique. Pourquoi ne pas favoriser (en subventionnant) l’implantation de l’énergie solaire ? Peut être que cela existe mais je ne suis pas au courant et c’est peut être le cas de beaucoup d’autres personnes malheureusement : manque de communication ?

  • mrboo dit :

    @Julien là où le problème est beaucoup plus grave c’est que le pétrole, en plus d’être très difficilement remplaçable en temps qu’énergie, est aussi omniprésent en tant que matière première (plastiques, tissus, engrais, pesticides etc.)
    Il faut se faire à l’idée que rien ne peut remplacer le pétrole, il va falloir nous sevrer et cela risque d’être très douloureux.
    La logique est plus de prévoir de nouveau modes de vies, de nouvelles façons de produire et de consommer l’énergie, les transports, les produits, etc.
    Nous avons devant nous de fabuleux défis à relever, je pense que toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.

  • Gary dit :

    bonsoir ; intéressant votre concept ; je me note d’en parler en septembre.

    bien cdt
    Gary for the blog déco et design ilodéco
    http://blog.ilodeco.com

  • GillesM dit :

    Hello :-)

    Comme Guillaume, je pense que de futurs conflits pour l’eau sont à craindre, encore plus que ceux énergétiques car la soif est source de vie et irremplaçable alors que les carburants sont éventuellement remplaçables par des alternatives diverses (sans entrer dans une notion d’écologique ou pas).

    Pour l’eau, il n’existe à ma connaissance que la désalinisation comme alternative à peu près viable actuellement … mais elle est inaccessible à la majorité des pays :-/

    Deux petits liens pour la reflexion du soir :-)

    http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/mondial/05_eau.htm

    http://blog.mondediplo.net/2008-01-14-Gestion-de-l-eau-entre-conflits-et-cooperation

    @+
    Gilles.

  • serge dit :

    Confiance en l’homme ;-)

  • marko_ dit :

    @Julien: malheureusement votre méconnaissance des technologies actuelles vous fait dire des bêtises. Certes les éoliennes on peut les trouver moches, mais dire qu’elle produisent peu d’électricité est faux, elles sont tout à fait productives. Imaginez la surface de panneau solaire qu’il faut pour produire les 10Mw qu’une ferme d’éolienne (une dizaine d’engin) peut produire, avouez que c’est peu esthétique.

    Pour le coût, je ne sais par trop, enfin si, mais il y a deux écoles(subventionnée ou pas). Parlons d’unités de production privées (à l’échelle d’une famille), pour assurer la consommation d’une maison, il faut produire en 6 et 10 Kw, une « petite » éolienne de 6 mètres sur un mat peut les fournir (pour peu qu’on habite dans une région ventée comme l’Aveyron). Pour les panneaux solaire, on retient en général le chiffre de 1Kw pour 10m², donc il faut compter entre 60 et 100m² ….
    Le cout, l’éolien privé est rarement subventionné par les régions, donc les prix du marché ne sont pas « gonflés », contrairement à l’éolien qui bénéficie parfois d’un crédit d’impôt (50% je crois) à la condition que la pose soit assurée par un installateur agréé, ayant pour effet de faire grimper le prix des panneaux solaires, déjà très chers.

    Revers de la médaille, les énergies alternatives n’ont pas une courbe de production constante (jour sans vent, sans soleil …) imposant donc d’être encore dépendant d’EDF pour assurer les périodes creuses, le problème est le même au niveau national, EDF ne peut aujourd’hui se baser sur ces modes de production, donc les énergies alternatives ne peuvent pour le moment qu’être un complément du nucléaire (dans le cas de la France).

    Je ne suis pas un pro nucléaire, j’ai même revendiqué l’inverse, mais aujourd’hui force est de constater que sans les centrales nucléaires, le problème serait tout autre.

    désolé d’avoir été aussi long! je vous laisse quelques pistes qui me séduise pour réduire nos consommations privées, elles sont très en vogue …

    - Chauffage basse température -> pompe à chaleur, géothermie
    - Chauffe eau solaire
    - Récupération et stockage des eaux pluviales pour les toilettes

    Pour en savoir plus sur les financements: http://www.ademe.fr

  • J’ai comme l’impression que les fabuleux intérêts économiques en jeu ont quelque peu tronqué le « débat » sur l’éolien. (Il faut dire que le développement de l’éolien représente beaucoup d’emplois)

    Quand on sait que les éoliennes ne tournent pas quand il n’y a pas assez de vent, quand il y en a trop, quand il fait nuit (pas de vent de manière générale la nuit), ça fait un temps d’indisponibilité quand même assez important tout ça.

    Sans compter que comme le mentionne Marko, pour un système viable, il faut de la constance. Et quand on voit dans les pays où l’éolien est hyper-développé, pour palier aux périodes d’indisponibilité, on fait fonctionner des centrales au gaz ou au charbon. Bonjour le rejet de GES!!

    Je pense qu’il existe aujourd’hui énormément de solutions pour déjà apprendre à consommer moins d’énergie. Les habitats très économes (moins de 50w (?) par an et par m²) ou mieux, les habitats passifs sont des exemples parmi d’autres.

    Même si toutes les solutions qui existent à ce jour sont onéreuses, il ne faut pas perdre de vue plusieurs éléments:
    - le renchérissement continu de l’énergie tend à rendre ces solutions rentables
    - nous ne sommes pas encore passés dans l’ère industrielle pour toutes ces solutions, leur prix devrait donc baisser continuellement

    Contrairement à ce que tu dis Mr Boo (commentaire 8), je pense qu’on peut se passer de pétrole et que l’on a déjà les alternatives. C’est juste qu’à ce jour, elles sont beaucoup plus chères. L’exemple tout bête, ce sont les sacs plastiques de supermarché. On n’a pas trouvé moins cher. Mais les sacs en composé de pommes de terre ou de maïs existent. Ils sont juste 10x plus cher (voire pire, je ne connais pas le chiffre)

    Le renchérissement du pétrole va aussi paradoxalement faire augmenter les réserves, car il rend viable économiquement l’extraction dans plein d’endroits dans lesquels on ne risquait rien d’extraire quand le baril était à 50$. Quand il sera à 200$ (voire plus), on forera encore plus loin, plus difficile et tout et tout.

    McCain (dont je ne suis pas fan) a fait une remarque judicieuse qu’on n’a pas beaucoup entendu. Il faudrait apprendre à se passer du pétrole rien que pour arrêter d’acheter du brut à des pays qui ne nous aiment pas et dont certains ont juré notre perte. Car le terrorisme se nourrit en grande partie des pétrodollars.
    En gros, c’était « notre manière de vivre finance directement des gens qui veulent la fin de notre mode de vie ».

  • Il y a sûrement déjà des solutions de rechanges chez les pétroliers (cette histoire de moteur à eau inventé en France et dont le brevet semble avoir été acheté et enterré. Il finira bien par ressortir…), je ne me fait pas trop de soucis pour leurs dividendes :)

    Le solaire seul, je n’y crois pas un instant, vu la surface nécessaire (et la pollution importante à la fabrication -pour l’instant ?- C’est affolant le CO2 rejeté). Couplé à de l’éolien (j’ai un copain qui a monté une éolienne chez lui) ou de l’hydraulique privé (j’ai vu un reportage sur un restaurant en Bretagne qui est dans un ancien moulin, il produit plus que ce qu’il consomme) c’est déjà plus réaliste.

    En dehors de l’énergie motrice (je parlais du solaire pour faire de l’électricité) j’ai déjà plus confiance en un capteur solaire pour récupérer de la chaleur pour un chauffe-eau et le chauffage, et plus encore dans une pompe à chaleur : je me tâte pour installer un tel-système chez moi car je ne sais pas encore lequel choisir (air-air, eau-air – j’ai un puits, sol-air – mais cela ferait trop de dégâts dans le jardin) en complément de ma chaudière actuelle et de capteur sur le toit… Enfin si j’ai l’autorisation des Bâtiments de France pour ces derniers, on les verrait en allant en haut du toit de la Collégiale…

  • Julien dit :

    Mon ignorance sur la question m’a peut être fait dire des bêtises mais j’ai tout de même l’impression de tourner en rond avec tous ces commentaires. A vrai dire je ne me suis jamais intéressé techniquement à toutes ces possibilités. J’apparais plus comme le CONsommateur lambda qui cherche à trouver des solutions pour moins polluer.

    Mais alors que choisir ? Du vent ? Du soleil ? De l’eau, j’avoue que je suis un peu perdu. Et comme le dis mr Boo il est vrai que pour nous, à l’heure actuelle, il est difficile d’imaginer une vie sans pétrole : celui que l’on retrouve dans nos vêtements, dans nos appareils high tech. Alors que faire ? Revenir en arrière et prôner l’âge de pierre ? Moi qui suit déjà un peu réfractaire à prendre la voiture à tout va, consommer outrageusement, je me vois très mal vivre au 17e siècle. Alors que dirons les autres …?

  • Ludovic dit :

    Un site plein d’informations : http://www.manicore.com/documentation/environnement_prospective.html

    Comme dit plus haut, une guerre autour de l’eau est beaucoup plus probable, déjà des grandes villes comme Barcelone commencent à manquer d’eau potable et la font venir par bateau (http://www.journaldelenvironnement.net/fr/document/detail.asp?id=19266&idThema=2), ce qui fait dépenser du pétrole… Concevoir des (bio-)carburants avec de l’eau est une gageure …

  • jsys dit :

    Bonjour,

    Voilà un sujet fort intéressant. Quelques infos en vrac de mes penses bêtes pour mesurer l’ampleur du problème :

    Eolienne : 2 000 MWh de production annuelle par MW de puissance installée (1 à 3 MW en france. 5 Max). Fonctionne 2000h/an soit 23% du temps.

    Nucleaire : 7 000 000 MWh par tranche de 1 000 MW électrique. Fonctionne 7000h/an soit 80% du temps.

    2000 eolienne de 2MW = 1 tranche de réacteur de 1000 MW.

    Je ne suis pas du tout pro nucléaire, bien au contraire mais il y a du boulot pour s’en passer rapidement.

    Pour revenir au sujet principal, cette émission du dessous des cartes est fort inscructive. Dans 30 ans, la situations sera la même…
    http://www.dailymotion.com/video/k63solsDPXikmXp0mV

  • mrboo dit :

    Merci pour les liens souvent très intéressants.

    Il me semble que les conflits armés majeurs auront plus probablement lieu (c’est déjà le cas, regardez la Géorgie ces jours-ci) concernant l’accès au pétrole qu’à l’eau.
    Tout simplement parce que les nations riches (et fortement armées) peuvent s’offrir de l’eau (en dessalant de l’eau de mer par ex) tandis que l’absence de pétrole n’offre quasiment pas d’alternative pour des pays comme les US, la Chine, l’Inde etc.

  • Samy dit :

    Tiens tiens, on dirait que les lobby pétroliers sont venus saboter le blog de MrBoo pour le faire taire ;)

  • GillesM dit :

    @mrboo >> les enjeux à court terme sont effectivement sur les produits énergétiques avec comme belligérants presque systématiquement un « gros pays » mais, dans les 50 ans à venir, de très nombreux pays risquent de créer des conflits pour l’eau … et des tas de petits conflits « locaux » génèrent parfois un gros conflit.

    Ce ne sont pas les pays dits occidentaux qui ont le plus de risques de « créer » ces conflits mais il sera difficile de ne pas y être impliqué à un moment ou un autre (cela risque d’ailleurs de créer des tas de zones de conflits qui aujourd’hui sont ouvertes au tourismes par exemple).

    Bref, le problème c’est que quelque soit l’angle sous lequel on regarde les choses, on n’y trouve pas grand chose de positif pour l’avenir :-/ (mais je veux continuer d’être positif malgré tout, faut pas croire)

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