Le flux RSS, cette techno inadaptée à la guerre du web
le 23 novembre 2009 à 15:17 par mrbooVous avez peut-être lu cet article de Tim O’Reilly qui nous annonce ni plus ni moins qu’une prochaine « guerre du web ».
Par « guerre du web » il entend principalement une confrontation entre les plateformes ouvertes : Wordpress, Android, Twitter etc. et les plateformes fermées/bridées : Facebook, Apple etc. (même si Google peut-être placé dans les deux camps j’ai encore envie de croire que le « don’t be evil » fonctionne)
Parmi toutes les notions que peut aborder cette « guerre », une me semble clé : le contenu et le contexte de sa consommation.
Durant la préhistoire du web tout était simple : Le contenu était produit, publié et consommé au même endroit.
Avec l’arrivée du web 2.0, de nouveaux producteurs de contenus sont apparus (les blogs par exemple) ainsi que de nouveaux modes de consommation de celui-ci (les lecteurs RSS par exemple).
Seulement, le format RSS n’a pas eu un succès tel qu’il aurait pu mettre à mal les producteurs de contenus : la grosse majorité des lecteurs venaient encore sur le blog pour commenter le contenu, et tout le monde n’utilise pas de lecteur RSS (loin de là).
Le flux RSS peut être considéré comme une API rudimentaire (lecteur du contenu dans un format simple pour une machine) et c’est ainsi que le lieu de consommation du contenu a pris ses distances avec le lieu de production.
Il y a les « petits filous » qui aspirent les flux RSS pour les présenter ailleurs et ne travaillent que sur le bon référencement de ce contenu qu’ils n’ont pas produit ni acheté.
Il y a également Facebook (pour ne citer que le plus gros), qui permet très facilement de publier un flux RSS et de le partager avec d’autres lecteurs.
Cela s’applique également à tous les formats autres que RSS, faciles à exporter: Vidéos, Photos etc.
Bref, on a d’un coté les producteurs de contenu qui ne peuvent plus monétiser leur audience (car le contenu est visualisé ailleurs) et les zones d’affichage du contenu qui ont besoin de ce contenu gratuit pour maintenir leur audience (et la pub qui va avec).
Actuellement, Twitter me semble le mieux armé pour répondre à cette problématique :
- Le contenu qui y est relayé se fait très souvent sous la forme d’un lien vers le site producteur, ce qui lui permet d’apporter du trafic (et donc au producteur de se rémunérer via de la pub)
- Les choses vont vite sur Twitter, donc si le producteur émet l’info le premier en renvoyant vers son site, il y a de fortes chances pour que les petits filous ne ramassent que les miettes.
- Les comptes Twitter des producteurs de contenu de qualité, sont suivis par beaucoup de monde ce qui leur permet de canaliser plus facilement les lecteurs vers leurs sites.
Perso je ne suis pas dans le business de la production de contenu/d’actu, mais si c’était le cas je couperai mes flux RSS (ou au moins les tronquer) et je miserai tout sur un compe Twitter relayant chaque billet/article/vidéo etc.
Le web 2.0 nous a fait oublier que la majorité du contenu de qualité est réalisé par des professionnels et que cela a un prix.








23 novembre 2009 à 15:27
je ne suis pas tout a fait d’accord.
Je pense que cela peut changer selon les communautés. Du site ou je « travaille » (communauté sportive, peu informé sur les TIC et autres outils 2.0), je constate que c’est Facebook qui me sert le plus pour communiquer mon contenu, Twitter restant largement anecdotique. Le flux RSS me sert de complément pour certains utilisateurs. Même si je suis d’accord sur le reste de cet article, a moyen terme d’autres outils plus pratique comme Twitter (et pas forcément lui) seront plébiscités par les utilisateurs.
23 novembre 2009 à 15:29
Intéressant ton article.
Mais j’ai plusieurs réserves.
D’abord, dans les petits filous qui optimisent leur flux RSS pour passer devant les producteurs, il y a aussi les gros : Facebook (regarde où ils sont placés dans les SERP quand tu mets ton flux chez eux), mais d’autres ont longtemps été décriés (parmi eux Digg, Wikio, etc.).
Ensuite, pas sûr que Twitter soit un bon outil, parce qu’il est trop lié au temps : si je ne suis pas connecté pendant une journée, j’aurai loupé le contenu de la journée. Le lecteur de flux RSS offre un tampon temporel que Twitter n’offre pas. Evidemment, il permet à d’autres de reproduire le contenu. Mais Google n’est pas con, et en fonction de la date de publication, il sait déterminer qui copie sur qui (n’oublie pas que ceux qui sont le plus copiés sont ceux qui ont le plus de visiteurs, et ceux qui ont le plus de visiteurs… sont ceux qui sont le plus rapidement référencés par Google).
Bref : pour l’instant, Google « préserve » les producteurs de contenu (mais c’est tout à son honneur, car il vit là-dessus).
23 novembre 2009 à 15:29
ivanoff> Est-ce que Facebook te permet (via un apport de trafic) de générer des revenus publicitaires sur le contenu que tu as produit ?
23 novembre 2009 à 15:34
Louis> en effet, l’aspect « live » de Twitter est un frein pour la lecture à tête reposée, mais devant l’infobésité qui nous guète tous je pense que de plus en plus de monde ne va lire que ce qui lui passe sous les yeux quand il est connecté (sans compter que les RT donne un peu de durée au contenu).
…)
Comme tu le dis, il y aurai toujours la place pour le search et pour des récapitulatifs journaliers (Le JT, le Rewind
23 novembre 2009 à 16:21
@mrboo ; non, car je ne fais pas de pub pour l’instant sur ce site. Je ne fais que constater des comportements (limités en terme de volume) pour cette communauté. Mais que l’on pourrait voir un peu partout je pense. Facebook étant le seul a générer des interventions, puis un petit trafic.
23 novembre 2009 à 21:29
Mais quel ramassis de sornettes !!! Je crois qu’il est temps de faire enfin la part des choses entre la techno Rss et le fait que certains la jugent « nocives », de faire la part des choses entre ses propres tropismes et la réalité !!! Lorsque sur un blog il y a un accès « humain », il y a aujourd’hui de 4 à 5 accès par fil Rss.
23 novembre 2009 à 22:07
Je suis étonné de ne lire nulle part que le flux rss est le seul moyen pour un grand nombre d’internautes d’accèder à la majorité des blogs à partir d’un pc de bureau, la plupart des blogs étant websensés (censurés) par les entreprises… Pour moi, si je n’ai plus de flux rss, je ne lis plus l’info des blogs. (En fait, quand je veux commenter un billet, ou en lire un qui est tronqué en lecture rss, je le colle dans mes flux suivis, et j’y reviens le soir, comme ici. Je pourrais tout aussi bien faire la même chose à partir de mon iphone, mais je bosse dans une tour pù l’on capte très mal! Le bonheur quoi!). Suis-je le seul dans ce cas?
23 novembre 2009 à 22:25
Denis> Que les choses soient claires : perso, n’étant pas « vendeur » de contenu les flux RSS me vont très bien, à la limite je trouve dommage la « ventilation » de la discussion dans toutes les directions (mais des rustines existent).
)
Je pense jusque que les médias producteurs de contenu, voyant leurs recettes pub aller vers le web vont apporter une importance grandissante à ce que l’audience vienne lire chez eux.
Dans ce contexte (futur proche) le format RSS n’offre pas un ROI suffisant.
Je vais faire quelques tests pour vérifier ou infirmer ton ratio « 1 pour 5″, je publierai les résultats ici (et sur le flux RSS de ce blog
Bertrand> c’est un des avantages souvent oublié en effet.
24 novembre 2009 à 15:14
« je miserai tout sur un compe Twitter relayant chaque billet/article/vidéo etc. » <—- MER IL EST FOU
25 novembre 2009 à 8:57
Sur mes deux blogs, c’est le cas. Sans oublier que Google, selon Olivier andrieu, indexerait sur les RSS. D’où l’importance de cette techno !
25 novembre 2009 à 12:26
Peut-être à nuancer selon le type de lecteurs.
La grande majorité des lecteurs d’infos/blogs/contenus est loin d’être composée de geeks.
Netvibes est déjà une découverte merveilleuse pour mon entourage proche et professionnel : Tweeter ça devient limite « pointu » (je le dis d’autant plus aisément que, inscrite pour faire comme tout le monde, je ne m’en sers absolument pas).
FB cartonne c’est évident, toutes générations et tendances confondues : me semblerait encore le meilleur relais pour amener du trafic…
28 novembre 2009 à 16:53
Tout dépend du contenu que l’on produit…
• Si on cherche surtout à avoir de l’attention plus que du trafic, autant diffuser intégralement son contenu par RSS. C’est le cas des marques pour lesquelles je travaille, ou de blogueurs pour qui il est plus important d’avoir une vraie influence que du trafic. Malheureusement il ne semble pas que cette approche soit monétisable (et pourtant avec un peu d’affiliation, théoriquement ça pourrait le faire…)
• Si on souhaite monétiser son contenu, dans ce cas :
- il est indispensable de faire la chasse aux parasites, que ce soit des petits sites automatisés ou des grands comme wikio, paperblog ou cozop. Feedburner pourrait nous protéger de cela, je ne comprends pas trop pourquoi ce n’est pas encore pas le cas.
- parier sur le fait qu’avoir 5x fois plus d’abonnés RSS que de trafic apporte toujours plus de trafic qu’avoir peu d’abonnés RSS avec un flux tronqué. C’est l’approche « blogs » vs « presse en ligne ».
- et puis dans un flux RSS on peut y mettre de la pub non ?
Twitter est clairement un bon apporteur de trafic quand on a comme cible(s) les geeks, journalistes, communicants ou fans de célébrités. Passés ces « profils » je n’y crois pas. Twitter ne se démocratisera pas plus que le RSS… À contrario Facebook est une rampe de lancement plus crédible (conseil : faire des liens et pas de l’import de contenu), avec un taux de clic certes faible, mais un aperçu visuel et bien plus d’utilisateurs…
2 décembre 2009 à 16:32
@Denis « Lorsque sur un blog il y a un accès « humain », il y a aujourd’hui de 4 à 5 accès par fil Rss. » Il sort d’où ce chiffre ?