Comment lever des fonds avec élégance
le 1 juillet 2008 à 10:25 par mrbooLes informations qui vont vous être révélées ci-dessous sont d’une qualité rare, et nous sont offertes par l’ami econsultantpointcom (merci à lui: je suis un grand fan de sa prose).
Profitons-en car ce type de texte se monnaye habituellement à prix d’or !
Bonne lecture
Comment lever des fonds avec élégance
Je profite de taper l’incruste sur le blog de MrBoo, qui est lu, je le sais, par un tas de petits entreprenautes ou de wannabe biznessmen, pour causer d’un sujet qui les intéresse tous : la tune, la caillasse, le blé, le flouze, le pognon, le genhar etc.. etc..
Ou plutôt, pour être aussi précis que le croupion de Maître Cappello, du financement de son entreprise par des fonds propres extérieurs. C’est à dire de la bonne vieille levée de tunes à la papa dont rêvent tous les entrepeneurs du 2.0
Hé ouais, petit entreprenaute, je te connais bien et je sais que ça t’intéresse. T’es persuadé d’avoir trouvé un concept de site qui déchire sa race. T’as bien gambergé ça avec ton zincou dans le garage de ton père. T’as fumé splif sur splif pour valider le bizness model. T’en as parlé à 3 péquins et demis, qui t’ont dit « oué c genial lol » . Alors tu t’es lancé. T’as monté ta turne. T’as développé ton appli avec un joli design Haribo. T’as brassé du buzz pendant des mois et des mois. T’as choppé tes premiers inscrits ou tes premiers clibards et pouf patapouf… t’es entré dans la galère.
Car, après l’euphorie du démarrage, tu te rends bien compte que pour que ton concept qui déchire tout sur son passage déchire vraiment tout, il te faut sortir l’artillerie lourde, la grosse berta de la com’.
Se chopper le seuil critique des 100 000 visiteurs par jour, du million de pages vues, des 4000 leads, ou de je sais pas quel indicateur à la con à partir duquel ton bizness devient une vraie machine à brasser du flouze, juste avec 1500 euros de budget com’ c’est pas donné à tout le monde. Même que tu te mettrais à poil sous l’arche de la défense avec ton logo tatoué sur le cul, que tu y arriverais pas.
Il te faut donc aller pécho du lourd, de l’investissement extérieur qui va te permettre d’améliorer ton bazar en embauchant une horde de développeurs qui font te fignoler une killer app’ à se faire tomber le tablier de la ménagère de l’adsl et surtout de lâcher la purée sérieux en budget com’ afin de faire péter les scores Ipsos de ton nouveau site deuxpointzéro.
Alors comment te lever un bon gros tas de caillasse pour faire de ton p’tit bizness une grosse baraque à frites ?
MrBoo connaît bien le problème puisqu’il a su tirer un bifton de 100 de la poche Chappaz juste se foutant un seau sur la tête. Tu vois un peu le tour de magie ?
Moi, par contre, j’y connais quetchi. Mais c’est pas grave, car quand je connais pas, je bosse et après je peux me ramener ma fraise comme un gros blaireau de consultant qui se la raconte sur n’importe quel sujet.
Donc voilà les points essentiels à retenir pour assurer sa levée de fonds avec élégance.
1. Il y a deux types d’investisseurs : ceux qui creusent et ceux qui creusent
En gros, il y a deux catégories de people qui ont du fric à te fourguer : les business angels et les vicis. Les business angels ont juste un peu beaucoup de tunasse mais c’est la leur. Les vicis en ont vraiment un gros beaucoup mais elle n’est pas à eux. Ce qui ne fait aucune différence en définitive car ces deux catégories d’investisseurs ne savent pas quoi en foutre de tout ce blé et se font royalement chier. Ils sont pétés de flouze et se trimballent la journée à rien vaquer de concret, à part lire des dossiers pourraves de djeuns 2.0 qui croient avoir inventé la lune ou la machine laver le cul des chiens.
Aussi, comme ils ont du temps et de l’argent à revendre, ils voudront te creuser dans la tête pour tout comprendre de ton bizness. Les business angels pour piger s’ils sont pas en train de cramer leur blé dans un truc de mytho, les autres pour lécher leurs clients (qui leur prêtent tout ce genhar) dans le sens du poil.
2. Mais les deux veulent te refiler la pelle
Parce que faut pas pousser Bill Gates devant Linux non plus, c’est des grosses feignasses ces investisseurs et ils voudront te faire le boulot à leur place. Ils te diront qu’il y a tout un process pour lever de la caillasse. Ils te diront que tu dois pisser un business plan, ils te diront que tu dois manger des pitchs dans ton ascenceur. Ils te feront cracher des excel de la mort pour bien traquer le super TRI qu’ils font faire à la fin de chacun de tes journées de taff. Ils te baratineront que tu dois faire un super powerpoint plein de couleurs et de chiffres pour montrer que c’est bien toi qui t’as la plus grosse bite du monde. Et tout le toutim.
Donc tu va vite te retrouver à creuser dans ta propre tête.
Ne rentre pas dans leur jeu, man. Très peu de gens arrivent à gratter de l’argent comme ça.
3. Fais comme si t’était pas intéressé
Le meilleur plan pour accrocher des investisseurs, c’est de faire comme si ca te chauffait pas particulièrement de chopper leur oseille. Comme si c’était des gus comme tout le monde et que tu répondais à leurs questions par politesse.
Il faudrait qu’ils se disent que t’en a autant à carrer de lever faire une levée de fonds que de te mettre un baton en bois dans le cul pour voir si t’as l’air d’un miko géant.
Ca va commencer à les intriguer.
4. Mais va faire ta pétasse dans tous les cocktails
Pour autant, il ne faut pas se cacher dans ton terrier. Sinon, ils ne sauront jamais que t’existe, et ok t’aurais vraiment pas l’air intéressé pour un poil mais ils ne pourront même pas s’en rendre compte.
Donc, va faire ta radasse dans toutes les soirées oueb, dans les mondanités de bloggueurs, dans les baroufs 2.0, dans les machincamp et les partouzes dinatoires des investissmans.
Là, tu racontes tranquilles que ton bizness déchire tout. Tu balances des chiffres à la toque, avec l’air du type épanoui qui vient de se lécher le gland pendant 6 heures par la reine de Saba.
Peu importe les chiffres et les concepts, les gens sont raides à ce genre de sauteries et tout ce qu’ils retiendront c’est que t’as une idée en or et que ça gaze à fonds les turbines.
Petit à petit, la rumeur va commence à prendre.
5. Fous-les en concurrence
Dès que t’as un contact qui chauffe, n’hésite pas à faire monter la pression. Y a machin de chez tel autre assoce de bizness angels qui vient de t’appeller, y a trucmuche du fonds bidule qui se pisse dessus pour que tu viennes lui présenter ton powerpoint.
Simule des appels téléphoniques en plein meeting, envoie-toi des fax avec gros en haut le nom d’une boite de grands pontes de l’investissement, interromps les réunions sous des prétextes mabouls et avec l’air excité d’un type qui s’apprête à palper un énooorme chèque. Bref, fais leur sentir que c’est pas cuit d’avance pour eux et qu’au final c’est toi qui fera le choix de qui rentre ou pas dans ta boutique.
6. Joue-la toi comme le roi du Maroc
Les business angels et les vicis adorent s’en mettre plein la lampe. Alors reçois-les comme des nababs à Marrakech, raboule le champomy, le tarama, les huitres et le riz de veau. Rien n’est trop bon pour tes amis du bled’.
Fais péter tes havanes et ton armagnac première qualité, envoie les cadals de bienvenue et les masseuses pendant les pauses kawa, balourdes les virées en limo pour aller visiter tes nouveaux burlingues.
Plus ils se sentiront choyés, plus ils se diront que t’es un mec à fréquenter et comme toute due dilligence à une fin, ça leur fera une raison de plus d’investir chez ouat. Surtout c’est si la bombasse que t’as engagée à la direction financière qui leur flatte les bourses pendant les réunions.
Mais arrange-toi bien pour leur faire piger au passage que c’est pas ta boîte qui casque. Tout ça, c’est offert par un client, un sponsor, un partenaire, ou un autre groupe d’investissmans, ce que tu veux.. Comme ça, ils verront que tu claques pas ta tune (et bientôt la leur) connement.
7. Fais péter la banque
Comme au casinal, on ne prête beaucoup qu’aux gros flambeurs. Donc si tu veux vraiment rafler la mise, balance plein de zéros et des chiffres hallucinogènes toupar : dans la taille du marché, dans ton nombre de clients potentiels, dans ton bénef final, dans ton potentiel de croissance .. et surtout dans la douille que tu veux lever. Il faut leur en foutre plein les mirettes.
Si les montants ne te font pas baliser à mort, c’est qu’ils ne sont pas assez gros : envoie leur un sérieux coup de boost.
Ca te parait pas crédible ? Ah mais parce que tu crois qu’un type qui dit : je vais te foutre un ordinateur dans chaque baraque et quand je prendrais ma retraite dans 33 piges, j’aurais 58 milliards de dollars sur mon compte en banque, c’est crédible ça ?
Man, si tu fais pas monter un peu la sauce dans ton bizness, t’aurais jamais qu’un vieux cake rassis et pas un super pudding rhum coco.
Avec ça, si les investissmans, se bousculent pas au portillon pour te signer des gros chèquos, il te reste plus qu’à aller faire le tapin à ta banque. Et peut-être aussi à changer de concept, qui était peut-être pas si terrib’ que ça en définitive.
Ouais, parce que la mise en relation des caniches nains en mode asp, ça a jamais trop fait délirer personne.







1 juillet 2008 à 11:12
Comme d’hab, c’est énorme.
Hé, ho, e-consultant, j’attends mon texte aussi, hein!
1 juillet 2008 à 13:05
Je retiens!!!
1 juillet 2008 à 22:45
Je prend, je garde, je digère et je voit ça avec mes futurs investisseurs.
Si ça marche promis j’offre le champagne à tout le monde.
Pierre
2 juillet 2008 à 10:03
Ouchh ! je n’accroche absolument pas. Le style me rebute. Je passe
2 juillet 2008 à 11:11
Super texte ! Et il se passe quoi une fois qu’on a reçu le gros chéquos ?
2 juillet 2008 à 12:14
très très bon billet, je me suis bien bien marré… c’est à peu près ça, faudra que je teste le Miko Geant la prochaine fois…
2 juillet 2008 à 15:43
C’est toujours aussi agréable de lire le e…
Merci pour ces conseils.
Je vais me remettre à fumer et aller chercher des cigares.
Bon je vous laisse j’ai golf cet après midi.
Si vous voulez investir dans ma boite, appelez mon assistante.
2 juillet 2008 à 23:47
Bon le flattage de bourse pendant la réunion j’ai trouvé ça un peu osé, hein quand même, mais il faut ce qu’il faut au bon moment mon cher monsieur…
La machine à laver le cul des i-inche… bravo
3 juillet 2008 à 8:31
Sans juger la qualité de l’écriture qui est souvent drôle, l’entrepreneur que je suis va profiter de cette note pour suggérer à ses confrères entrepreneurs en mode « Levée de Fonds » à ne pas trop prendre au pied de la lettre ces conseils en allant voir l’investisseur que je suis aussi parfois (ou les autres, au moins pour ceux que je connais un peu).
C’est une façon de faire, mais je ne suis pas certain que ce soit la meilleure… ou du moins, je suis certain qu’il y en a d’autres !
3 juillet 2008 à 9:29
Je ne pensais pas que le e-consultant offrait du temps de cerveau disponible auprès de jeunes sociétés. Je croyais qu’il n’offrait ses services qu’aux grosses multinationales qui palpaient. Je vais de ce pas le e-consulter…
3 juillet 2008 à 15:34
En somme, il faut escroquer les gens ?… Hum… Conseil… intéressant.
3 juillet 2008 à 20:41
J’adore ce style trash qui, pour ma part, passe très bien quand le contenu est intéressant. J’ai commencé les premières lignes avec le sourire, j’ai terminé la lecture avec le même sourire
J’ai hate de lire un autre billet du genre, et vais m’abonner de ce pas au RSS du econsultantpointcom.
3 juillet 2008 à 20:45
> Tuxy
Si tout se passe bien, le e- devrait faire un billet chez moi très bientôt
3 juillet 2008 à 21:26
Et hop, dans mes RSS Le Tribulateur
3 juillet 2008 à 22:27
Le tribulman > Je suis dessus
Tuxyroots > Bienvenue dans mon flux. Yeah.
Martin > Oulala le vilain résumé. J’ai pas dit ça du tout.
Je sais pas ce que j’ai baratiné (quand je relis je comprends plus rien..) mais c’était pas ça.
Serge > Qu’est ce que tu veux … Tout part en yeucous. Même moi.
Précise ta question, je tourne ça dans tous les sens, je bite que dalle.
Pierre-Olivier > D’une coté, tu as raison de foutre les warnings pour éviter à tout un tas de gens de foncer tête baissée dans mes plans foireux.
D’un autre coté, tu te gâches peut-être une bonne partie de fendage de gueule en les voyant débarquer chez toi…
Alex > mais non.. il fallait faire une blague avec le mot bourse. Pourquoi ? Je sais pas, c’était comme ça.
Guillaume > Je viens d’appeler ton assistante : elle m’a dit qu’elle se barrait avec la caisse.. Peut-être que tu devrais annuler ton golf.
Anthony > Quand on a reçu le chèquos.. on crame tout le plus vite possible pour en chopper un autre bien sûr.
(Là je sens que Pierre-Olivier ne va encore pas m’approuver..)
3 juillet 2008 à 22:53
@Le e-consultant : Il est tout à fait légitime d’être optimiste et de se donner un air important, en particulier dans une négociation où le paraître joue son rôle. Néanmoins, après lecture du document, on a tout de même l’impression qu’il est indispensable de sortir des chiffres longs comme le bras même s’ils ne correspondent à aucune réalité. D’ailleurs, quelle réalité ? Dans la mesure où, suivant tes conseils, on abandonne les études de marché pour se limiter au paraître, ces chiffres ne peuvent alors que sortir du chapeau d’un magicien.
Je n’ai certainement pas l’expérience d’une levée de fonds, du moins pas à plus de 5 chiffres, ce qui est somme toute assez ridicule. Néanmoins, même pour les quelques sommes modiques que j’ai pu rassembler, j’ai toujours respecté mes associés et leur ai présenté la situation telle qu’elle était, sans l’exagérer en aucune façon. C’est ainsi que je peux continuer à entretenir des relations cordiales avec l’ensemble de mes associés présents et passés, et continuer à construire une carrière — aussi discrète soit-elle — sur le long terme, avec ses hauts et ses bas.
3 juillet 2008 à 23:02
Martin > En fait, c’est toi qui a raison.
J’ai bien dit ça.
Je suis vraiment une crapule.
3 juillet 2008 à 23:50
@e-consultant : Tu sais, je me gâche peut-être tout ça en mettant les warnings, mais on a déjà pas mal d’occasions de rigoler sans forcer la nature.
Par exemple :
http://www.pocarles.com/2008/03/comment-se-fair.html
Je pense qu’avec tes conseils en plus, il pourrait largement entrer au Hall of Fame !